Formnext 2019 : la fabrication additive industrielle en plein boom

Source :https://www.3dnatives.com/bilan-formnext-2019-25112019/

Cette année encore le salon Formnext a fait l’unanimité : réunissant plus de 850 exposants et 34 500 participants (contre 27 000 l’année dernière), la 5ème édition s’est concentrée sur l’industrialisation des technologies de fabrication additive – en accélérant le développement des procédés métalliques. Force est de constater que les machines sont plus grandes, plus industrielles, capables de soutenir des besoins en production finie plus importants. Les 4 halls du salon allemand regorgeaient d’équipements toujours plus performants et d’applications innovantes : sur ses 53 000 mètres carrés, le Formnext 2019 a rencontré le succès espéré.

Du 19 au 22 novembre, le coeur de la fabrication additive battait à Francfort et 3Dnatives a pu assister au plus grand salon professionnel du monde. Parmi tous les exposants présents, on a noté une forte présence des acteurs de la fabrication additive métal, des machines grand format, un intérêt plus prononcé pour les céramiques et enfin, une certaine maturité de la part des visiteurs, se rendant au Formnext avec leur cahier des charges et leur projet déjà en tête.

La fabrication additive métal poursuit son ascension

Cette année, de nombreux exposants étaient spécialisés dans la fabrication additive métal, que ce soit des acteurs déjà bien établis du marché comme EOS, Trumpf, Renishaw, HP, 3D Systems mais aussi de nouveaux entrants comme Meltio, One Click Metal, et des entreprises en pleine croissance – Aurora Labs, Velo3D, Xerox… On a compté plus de 185 entreprises concentrées sur les technologies métal, affichant clairement une position forte pour cette 5ème édition. C’était déjà le cas les deux dernières années, mais en 2019, la technologie montrait sa volonté d’industrialisation, se tournant progressivement vers une production de masse. En discutant avec Jordan Zacha, Marketing and Business Developement Specialist chez Aurora Labs, il nous a révélé que de plus en plus de participants connaissent la technologie et y voient de nombreux avantages : “Il est assez surprenant de voir le nombre d’acteurs sur ce secteur mais encore plus la proportion de visiteurs qui s’y intéressent, surtout des entreprises américaines. Ils sont à la recherche d’une solution de production rapide et efficace. Je pense que c’est là que se trouve l’avenir de la fabrication additive métal.”

Notre coup de coeur est sûrement l’entreprise américaine 6K, anciennement Amastran qui a développé un système plasma pour créer des poudres métalliques à partir de poudres déjà utilisées, de déchets ou de pièces métal usées ou défectueuses. Elle s’inscrit dans une réelle démarche d’économie circulaire et peut surtout créer des alliages de métaux autrefois impossibles à obtenir. Un projet qu’on suivra de près !

Polymères, grand format et céramiques

Bien que la tendance semble être au métal, n’oublions pas que la famille des polymères reste large et bien ancrée sur le marché de la fabrication additive. Il suffisait de voir le nombre de machines FFF dans les allées du Formnext ! Beaucoup étaient d’ailleurs des imprimantes 3D grand format comme celle présentée par Tractus3D ou encore Modix. Les thermoplastiques hautes performances sont toujours très recherchés par les industriels, tout comme les matériaux composites. Nous avons rencontré Giovanni Cavolina, co-fondateur de 9T Labs, qui nous a expliqué : “Les composites sont encore jeunes sur le marché de l’impression 3D et intéressent beaucoup les professionnels. Pour l’instant, il y a encore peu de processus fiables pour les imprimer, on espère bien entendu changer la donne. Je pense que les matériaux composites ont un bel avenir devant eux et pourront faire de l’ombre aux métaux pour certaines applications.” Il faut dire aussi qu’ils présentent des propriétés mécaniques comparables parfois à celles des métaux mais à un coût dérisoire et un poids souvent dix fois plus bas.

On notera une importante présence des groupes de chimie, s’investissant de plus en plus dans la fabrication additive. Solvay par exemple profitait de Formnext pour lancer son filament Solef PVDF, un matériau offrant une résistance aux solvants, aux UVs et à l’oxydation et spécialement pensé pour les industries de la chimie, des semi-conducteurs et de l’Oil&Gaz. De son côté Arkema dévoilait son partenariat avec Kimya sur le PEKK, connu pour sa haute résistance mécanique et thermique ainsi que le PEBA-S, pour des applications nécessitant de la légèreté, un bon retour d’énergie ainsi que propriétés de résistance aux basses températures comme le secteur sportif.



Les céramiques pourraient également être le matériau de demain. On a noté une croissance du nombre d’exposants spécialisés en fabrication additive céramique cette année, une technologie encore peu connue du marché et qui a pourtant un véritable potentiel. Le fabricant français 3DCeram en est d’ailleurs la preuve avec la sortie de sa nouvelle machine dédiée à la production de grandes pièces finies.

Un public de plus en plus mature

Si la fabrication additive pouvait attirer de nombreux curieux au début de ses développements, elle est maintenant une technologie plus mûre qui intéresse un public bien plus informé qu’auparavant. La plupart des exposants que nous avons rencontrés sont d’ailleurs tous d’accord – Thomas Janics, CEO de HAGE3D a même ajouté : “Je suis réellement impressionné par l’intérêt grandissant du marché. La plupart du temps, les visiteurs savent de quoi ils parlent, ont déjà une idée de ce qu’il est possible de faire, pourquoi et comment. Je suis aussi bluffé par le nombre d’applications différentes qu’on peut rencontrer. C’est très prometteur pour l’avenir.”



Un ressenti partagé côté participants qui viennent avec un cahier des charges bien précis, une technologie et matériau en tête, etc. Nombreux sont ceux qui restent toutefois surpris par les innovations proposés par le marché. Un des visiteurs du secteur aéronautique nous a d’ailleurs avoué qu’il “était loin d’avoir tout vu. C’est passionnant!” Un seul bémol toutefois pour cette 5ème édition : avec ses 50 000 mètres carrés, difficile pour un novice en fabrication additive de s’y retrouver. On attend toutefois l’année prochaine avec impatience ! Vous pouvez retrouver davantage d’informations sur Formnext sur le site des organisateurs.